Archive for the Baudelaire Category

La musica

Posted in Baudelaire with tags on 2 marzo 2011 by FrammentAria

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Quante volte la musica m’afferra come un mare!
Alla pallida stella
sotto un arco di bruma o nell’etere immenso
volgo la vela;

proteso il petto in avanti, come tela
gonfi i polmoni,
scalo dei flutti l’ispida catena
che la notte mi vela.

Ogni passione sento in me vibrare
d’una nave che soffre;
il vento propizio, la convulsa tempesta

sul precipizio enorme
mi cullano.  Altre volte bonaccia, vasto specchio
del mio tormento…

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(“LXIX La musica”  – Charles Baudelaire)

La musique souvent me prend comme une mer!
                  Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
                  Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
                  Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
                  Que la nuit me voile;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
                  D’un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

                  Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
                  De mon désespoir!

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(“LXIX. La musique”  – Charles Baudelaire)

Le fleurs du mal * Spleen et idéal

“I fiori del male e altre poesie” – Charles Baudelaire
Giulio Einaudi Editore S.p.A.
Traduzione: Giovanni Raboni

La musa malata

Posted in Baudelaire with tags on 13 ottobre 2009 by FrammentAria

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Ahi, mia povera musa, che cos’hai stamattina?
Nei tuoi occhi infossati fan ressa le visioni
notturne, a freddi lampi sul tuo viso
passano taciturni l’orrore e la follia.

Il succubo verdastro e il diavoletto rosa
paura e amore dalle urne hanno versato?
Dispotico e maligno l’incubo t’ha tenuta
con la testa sott’acqua in un Minturno favoloso?

Io voglio che il tuo petto odori di salute
e sia abitato da forti pensieri
e che il sangue cristiano ti pulsi nelle vene

cadenzato, sonoro come nei ritmi antichi
dove regnano a turno il padre di ogni canto,
Febo, e il grande Pan, signore delle messi.

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(VII. LA MUSA MALATA da “I fiori del male” Charles Baudelaire)
MariaE.Salvador_begonia.rid

Ma pauvre muse, hélas! qu’as-tu donc ce matin?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l’horreur, froides et taciturnes.

Le succube verdâtre et le rose lutin
T’ont-ils versé la peur et l’amour de leurs urnes?
Le cauchemar, d’un poing despotique et mutin
T’a-t-il noyée au fond d’un fabuleux Minturnes?

Je voudrais qu’exhalant l’odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques,

Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.

(LA MUSE MALADE – “Le fleurs du mal” Charles Baudelaire)